Cameroun : Un agriculteur produit toute l’année grâce à l’aménagement d’un réservoir d’eau

Henri Fotso se dirige vers le robinet d’un réservoir. Il l’ouvre lentement et y laisse couler l’eau, qui glisse le long d’un sillon et arrose ses jeunes plants. Depuis maintenant deux ans, M. Fotso cultive des tomates, des choux et des carottes grâce à un réservoir d’eau.

Le réservoir a été aménagé dans un marécage à Mbalmayo, ville située à 30km de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Inspirés par une autre infrastructure qu’une ONG a construite dans la ville, M. Fotso et d’autres paysans de Mbalmayo ont travaillé ensemble pour aménager le réservoir.

M. Fotso explique : « Nous l’avons fait parce que nous avons souffert deux années consécutives à cause des pluies qui arrivaient à contretemps et de la saison sèche qui se prolongeait  anormalement ».

M. Fotso continue : « Nous avons aménagé ce réservoir sous forme d’étang, sauf qu’il y a une base en béton dans laquelle nous avons mis une tuyauterie et un robinet ».

Lorsqu’il pleut abondamment, une partie de l’eau est retenue dans le réservoir.  Lorsqu’il n’y a pas assez d’eau, les agriculteurs ouvrent le robinet du réservoir et le referment une fois que les plantes sont arrosées.

M. Fotso explique qu’à cause du bouleversement du cycle des saisons, il ne savait plus à quelle période faire les semis. Grâce à l’aménagement de ce réservoir, ce problème est résolu. Il dit : « Aujourd’hui, j’ai de l’eau à ma disposition toute l’année alors j’en profite pour enchainer les cultures et les récoltes ».

En parlant des avantages de ce réservoir, M. Fotso explique : « Je ne suis plus inquiet par rapport à l’arrivée ou non des pluies. Je peux donc planifier mes cultures sans avoir peur de perdre mon argent ou mon temps ».

Isaac Njilah est un géo-environnementaliste qui enseigne à l’université de Yaoundé I. Il donne son avis sur le changement climatique observé dans la ville de Mbalmayo: « Les causes peuvent être nombreuses […] Mais […] la déforestation massive qu’a subi Mbalmayo pourrait être l’une des causes de ce bouleversement des saisons ».

Mbida Mbani est lui aussi un agriculteur de la ville de Mbalmayo, mais il ne bénéficie pas de ces installations hydrauliques. Une situation qui le désole. Il dit : « Je souffre aussi des changements climatiques mais le réservoir ne dessert qu’un petit rayon. Pour que j’en bénéficie, il faut qu’un autre réservoir soit aménagé pas loin de mon champ ».

M. Fotso reconnait que l’un des inconvénients de ce réservoir est qu’il ne bénéficie qu’à un petit nombre de paysans, ceux dont les champs sont situés tout autour. Il dit : « Nous réfléchissons à une solution pour faire bénéficier le maximum de personnes […] ».

Anne Mireille Nzouankeu

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