Pour Transparency International, la Police est l’institution camerounaise la plus corrompue

D’après le classement annuel de cette ONG internationale, les trois institutions camerounaises les plus corrompues sont la Police avec un score de 4,4 points sur 5, la justice qui a obtenu 4,2 points sur 5 et l’éducation, avec un score de 4 points sur 5.

Le baromètre mondial de la corruption 2013 de Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption, a été rendu public ce 09 juillet. Au niveau du Cameroun, le baromètre classe la Police au top des institutions les plus corrompues. Ainsi, la police est perçue comme étant l’institution la plus corrompue, avec un score de 4,4 points sur 5. Environ trois personnes sur cinq au Cameroun, soit 62%, ont dû payer des pots de vins pour y être servis. Pour 54% des personnes ayant payé des pots de vin, la corruption était le seul moyen d’obtenir le service pour lequel ils ont dû payer. Tandis que 37% ont payé pour accélérer des procédures. Parmi les personnes interrogées, seules 5% ont avoué avoir donné des pots de vins comme cadeau.

Parmi les autres institutions camerounaises les plus corrompues, le baromètre 2013 de Transparency international cite : la justice (4,2 points sur 5), l’éducation (4 points sur 5) suivie des services en charge des impôts/taxes/ fisc, des services médicaux, des services d’enregistrement et de délivrance de permis (enregistrement civil des naissances et des mariages, délivrance de licences et de permis, enregistrement des droits de propriété et des transferts de propriété), des services liés à la propriété (achat, vente, héritage, location), et enfin les services publics (téléphone, électricité, eau, etc.).

55% des personnes ayant été en contact avec le système judiciaire pendant les 12 mois qui précédaient l’enquête disent avoir été contraint de verser des pots de vin pour obtenir le service sollicité. Ce taux est de 46% pour ceux ayant été en contact avec les services des impôts. Au finish, 46% de personnes interrogées pensent que le niveau de corruption au Cameroun a augmenté au cours des deux dernières années. Il est à noté que 24% pense que ce niveau est resté le même.

Lorsqu’on analyse ces résultats, l’on se rend compte que 4 personnes sur 5 interrogées (soit 79%), pensent que le citoyen ordinaire peut faire la différence, dans la lutte contre la corruption. « Nombreux sont ceux qui sont prêts à agir. 74% des personnes interrogées (3 personnes sur 4) déclarent en effet être prêtes à dénoncer tout acte de corruption. Elles préfèrent cependant en majorité garder l’anonymat, en dénonçant par le biais d’une ligne verte gouvernementale (40%). 32% d’entre elles sont quand même disposées à dénoncer directement auprès de l’institution concernée », dit le baromètre 2013.

Toutefois, environ une personne sur deux n’est pas prête à dénoncer la corruption par peur de représailles. La Police est également au top du classement mondial : « La police est considérée comme l’institution la plus corrompue dans 36 pays, au sein desquels 53 % des citoyens se sont vu réclamer des pots-de-vin par la police. La justice est considérée comme l’institution la plus corrompue dans 20 pays, au sein desquels 30 % des citoyens ayant été en contact avec le système judiciaire se sont vu réclamer des pots-de-vin », dit le baromètre 2013 de Transparency International.

Transparency international est une organisation non gouvernementale à but non lucratif créée en 1993 à Berlin en Allemagne. Elle a 90 sections à travers le monde parmi lesquelles la branche camerounaise créée en 2000. Ces différentes sections se mettent ensemble pour sensibiliser l’opinion publique sur les méfaits de la corruption et proposer des mesures pour la combattre. Elle a aussi pour champ de bataille le respect de la démocratie et la bonne gouvernance.

Anne Mireille Nzouankeu

A propos nzouankeu

Bonjour Je suis Anne Mireille Nzouankeu, journaliste camerounaise. Je m'intéresse aux questions de développement, droits de l'homme, environnement et santé. Je suis lauréate de plusieurs prix journalistiques parmi lesquels -3ème prix Afrique du Lorenzo Natali awards 2011, le plus prestigieux prix journalistique dans le domaine des droits de l'Homme -Finaliste du Dabra 2011, un prix international qui récompense les meilleurs journalistes africains dans le domaine de l'économie -Lauréate du projet Twenty Ten, une collaboration entre World Press Photo, FreeVoice, Africa Media Online et Lokaalmondiaal soutenue financièrement par la Dutch Postcode Lottery. Ce projet a permis à plus d’une centaine de journalistes africains originaires de 34 pays de rédiger des articles en profondeur sur le football africain et sur l’impact de la Coupe du Monde 2010 sur le continent.
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