Piraterie : soulagement après la libération des otages

Au bout de 10 jours de captivité, les otages enlevés dans la péninsule de Bakassi, au Cameroun, ont été libérés au soir du 16 février par les forces de sécurité camerounaises. Toute une population avait retenu son souffle : parmi les 11 otages figuraient le sous-préfet d’Akwa et ses collaborateurs.

Le village Akwa dans le sud-ouest. Photo Nzouankeu

Le village Akwa dans le sud-ouest. Photo Nzouankeu

Des curieux ont commencé à se rendre à la sous-préfecture de Kombo Abedimo pour avoir de plus amples informations. C’est dans la journée du 17 février que la rumeur de la libération des otages s’est répandue à Akwa, le chef-lieu du département de Kombo Abedimo, dans le sud-ouest du Cameroun.
Peter Okunwa et Anya Oryumé sont parmi ces curieux. Ils expliquent qu’ils n’ont pas l’habitude de venir en ce lieu mais ils n’ont pas pu résister à l’envie d’avoir le cœur net sur la rumeur qui circule. Jean Blaise Soh Fokam, l’adjoint du sous-préfet assurant l’intérim, confirme que les otages sont libérés et Anya Oryumé se dit soulagé. « J’avais peur que les otages soient tués ou que d’autres personnes soient enlevées pour forcer le gouvernement camerounais à payer une rançon » , explique-t-il. C’est également le sentiment des autres populations rencontrées à Kombo Abedimo.

Deux morts au cours de la prise d’otage
En fait, 13 responsables de l’administration et des forces de l’ordre de la ville d’Akwa, parmi lesquels le sous-préfet d’Akwa, ont été attaqués par des pirates le 6 février dernier. Au cours de cette agression, deux Camerounais ont été tués et les 11 autres ont été pris en otage. L’événement a eu lieu au moment où le groupe revenait d’une mission d’évaluation de la mise en œuvre des accords de Greentree, avec des responsables de l’Onu. Les accords de Greentree, signés entre le Cameroun et le Nigeria, reconnaissent la souveraineté camerounaise sur la presqu’île de Bakassi, située dans le golfe de Guinée.
L’enlèvement a été revendiqué par Africa Marine Commando (Amac), un groupe spécialisé dans les enlèvements et les prises d’otages pour obtenir des rançons.

Debriefing
Le public n’a pas encore pu voir les ex-otages. L’on ne sait où ils sont logés et leurs téléphones portables ne passent pas. Le gouvernement a annoncé qu’ils se portent bien « à l’exception du gendarme Ngo’o Mebe, grièvement blessé, et de Mme Tubah Prescilla, infirmière victime d’une fracture et de troubles psychiques, mais dont les jours ne sont pas en danger ».
Les familles des ex-otages auraient reçu des consignes pour garder le silence avant que le rapport du gouvernement ne soit rendu public.
Des sources au sein des forces de sécurité camerounaises expliquent que les ex-otages vont d’abord subir des bilans de santé puis ils suivront un debriefing. Il s’agit de raconter le déroulement de leur captivité et de donner toutes les informations susceptibles de mieux cerner les pirates.

Une vue de Bakassi. Photo Nzouankeu

Une vue de Bakassi. Photo Nzouankeu

Flou autour du paiement d’une rançon
Les avis ne s’accordent pas sur les conditions de libération des otages.
Africa Marine Commando a exigé le versement d’une rançon de 100 millions de Fcfa – environ 150.000 euros – par otage. Le groupe a ensuite indiqué que les otages ont été libérés parce que « le Cameroun s’est bien comporté ».
Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, préfère garder le flou sur les conditions de libération des otages. « Si on donne les conditions de libération des otages, cela encouragerait d’autres pirates à s’installer à Bakassi pour rendre la vie difficile aux populations », a-t-il expliqué le 17 février dernier à Yaoundé.
L’espace maritime camerounais est le théâtre d’attaques répétées de pirates. On dénombre une cinquantaine d’enlèvements à Bakassi au cours des trois dernières années.

A propos nzouankeu

Bonjour Je suis Anne Mireille Nzouankeu, journaliste camerounaise. Je m'intéresse aux questions de développement, droits de l'homme, environnement et santé. Je suis lauréate de plusieurs prix journalistiques parmi lesquels -3ème prix Afrique du Lorenzo Natali awards 2011, le plus prestigieux prix journalistique dans le domaine des droits de l'Homme -Finaliste du Dabra 2011, un prix international qui récompense les meilleurs journalistes africains dans le domaine de l'économie -Lauréate du projet Twenty Ten, une collaboration entre World Press Photo, FreeVoice, Africa Media Online et Lokaalmondiaal soutenue financièrement par la Dutch Postcode Lottery. Ce projet a permis à plus d’une centaine de journalistes africains originaires de 34 pays de rédiger des articles en profondeur sur le football africain et sur l’impact de la Coupe du Monde 2010 sur le continent.
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