Vers de nouvelles interpellations ?

Opération épervier. Paul Biya a admis l’étendue de la corruption au secteur des marchés publics.

Parlant des sujets qui devront retenir l’attention du gouvernement dans les prochains mois, Paul Biya a, dans son discours du 31 décembre 2010, cité : « La corruption, toujours elle, sans cesse renaissante et qui s’est étendue, semble-t-il, aux marchés publics ». Il a ajouté : « Nous continuerons à la traquer sans pitié ». D’après Léopold Nzeusseu, le directeur exécutif de la branche camerounaise de Transparency international, « selon nos études, nous constatons que la corruption dans les marchés publics se résume à une augmentation de 10% des projets ».

Il y a un an, à la même période, Paul Biya a déclaré : « La démocratie c’est aussi la préservation de la fortune publique. C’est pourquoi nous avons entrepris de lutter sans merci contre la corruption. Qu’on ne s’attende pas à ce que nous nous arrêtions en chemin. Nous irons jusqu’au bout, quoi qu’en disent certains ».  Dix jours plus tard, l’opération épervier, entamée en 2004, et qui avait connu un certain relâchement, a été relancée avec l’arrestation de l’ex-ministre de l’Education de base, Haman Adama, de son ex-secrétaire d’Etat, Catherine Abena, puis d’autres personnalités.

Le niveau de corruption au Cameroun est jugé élevé par la communauté internationale. Selon l’Indice de perception de la corruption 2010, un classement fait annuellement par l’ong Transparency  International, le Cameroun est perçu comme étant le 15ème pays d’Afrique subsaharienne le plus corrompu. Il est classé 146ème sur 178 pays avec un score de 2 ,2/10. En 2009, le Cameroun occupait le même rang, mais, pour un total de 180 pays.

Pour combattre le fléau, le Cameroun a mis sur pied le 11 mars 2006, une Commission nationale anti-corruption. L’article 66 de la Constitution, relatif à la déclaration des biens et des avoirs des responsables publics vise également à lutter contre la corruption. On n’attend plus que son application.

Anne Mireille Nzouankeu

A propos nzouankeu

Bonjour Je suis Anne Mireille Nzouankeu, journaliste camerounaise. Je m'intéresse aux questions de développement, droits de l'homme, environnement et santé. Je suis lauréate de plusieurs prix journalistiques parmi lesquels -3ème prix Afrique du Lorenzo Natali awards 2011, le plus prestigieux prix journalistique dans le domaine des droits de l'Homme -Finaliste du Dabra 2011, un prix international qui récompense les meilleurs journalistes africains dans le domaine de l'économie -Lauréate du projet Twenty Ten, une collaboration entre World Press Photo, FreeVoice, Africa Media Online et Lokaalmondiaal soutenue financièrement par la Dutch Postcode Lottery. Ce projet a permis à plus d’une centaine de journalistes africains originaires de 34 pays de rédiger des articles en profondeur sur le football africain et sur l’impact de la Coupe du Monde 2010 sur le continent.
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