Cybersex – Les Africaines à la recherche d’un mari blanc

Un mari blanc est pour beaucoup de jeunes Africaines synonyme d’immigration. Afin de réaliser ce rêve d’une vie en Occident, certaines femmes passent des heures sur des sites de rencontres sur internet et font du strip-tease devant des webcams. Et puisque les connexions du continent noir sont encore très mauvaises, elles doivent s’exhiber dans des cybercafés spécialement aménagés à cet effet.

 

Un cyber-café de Yaoundé

Thierry a le sens des affaires. Depuis quatre mois, le gérant d’un cybercafé à Yaoundé, a aménagé des cabines dans lesquelles ses clientes désireuses de trouver un mari  »riche » peuvent s’isoler. Il s’agit de sortes de caisses géantes qui se ferment par un rideau, assurant ainsi l’intimité à l’internaute. Dans ce huis clos de fortune, on peut également y passer des appels téléphoniques internationaux. Trois quarts des clients présents dans le cybercafé en ce début du mois de novembre sont des femmes qui naviguent sur des sites de rencontre à la recherche d’un mari blanc.

 »La plupart des utilisateurs de ces cabines sont des filles insatisfaites de leur condition sociale et qui souhaitent s’expatrier », révèle Thierry. Il précise que les étudiantes et les femmes ayant un emploi stable utilisent rarement les cabines privées.

Du flirt au cybersex
Le processus est presque le même pour tous les internautes. On va sur un site de rencontre, on entre en contact avec des hommes et on échange d’adresse de messagerie instantanée tel que Messenger. Une fois sur la messagerie, chacun des partenaires allume sa web camera pour faire plus ample connaissance – un flirt innocent peut facilement tourner en cybersex. Le but pour les filles est de trouver quelqu’un qui accepte de venir les épouser au Cameroun. Elles pourront ensuite rejoindre légalement leur mari en Europe. Pour atteindre cet objectif, beaucoup d’entre elles sont prêtes à se dévoiler totalement pour ces hommes assis à de milliers de kilomètres, derrières leur webcam.

 »Lorsqu’on entre en contact avec quelqu’un, il veut voir à quoi on ressemble : pas seulement le visage mais tout le corps. Il me demande de me lever, de me tourner, de me déshabiller. Certains hommes me demandent de me toucher les seins ou le sexe », explique Micheline, une internaute.

 »J’ai été très choquée la première fois qu’un homme m’a demandé de me déboutonner pour qu’il puisse voir ma poitrine. Je ne le fais pas avec plaisir mais j’ai compris qu’il faut passer par-là pour atteindre mes objectifs », déclare une autre fille.

Cyber-café de Yaoundé

Partir à tout prix
Thierry est certain que ces filles vivent beaucoup de frustrations.  »Certaines me disent qu’elles ont parfois l’impression d’être un objet sexuel, un jouet entre les mains de ces hommes. Elles se disent dégoûtées et se sentent avilies, mais elles continuent car l’expérience a prouvé que plus on ose, plus vite on trouve un mari. Celles qui refusent de se soumettre à ces exigences peuvent passer une année sur des sites de rencontre sans jamais réussir à faire venir un homme au Cameroun », révèle-t-il.

Au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, on voit régulièrement des Blancs qui viennent se marier avec des filles rencontrées sur internet. C’est un élément de motivation qui amène les jeunes femmes à accepter beaucoup d’humiliations. C’est aussi une bonne affaire pour les commerçants puisque le phénomène des cabines privées dans les cybercafés est croissant à Yaoundé.

A propos nzouankeu

Bonjour Je suis Anne Mireille Nzouankeu, journaliste camerounaise. Je m'intéresse aux questions de développement, droits de l'homme, environnement et santé. Je suis lauréate de plusieurs prix journalistiques parmi lesquels -3ème prix Afrique du Lorenzo Natali awards 2011, le plus prestigieux prix journalistique dans le domaine des droits de l'Homme -Finaliste du Dabra 2011, un prix international qui récompense les meilleurs journalistes africains dans le domaine de l'économie -Lauréate du projet Twenty Ten, une collaboration entre World Press Photo, FreeVoice, Africa Media Online et Lokaalmondiaal soutenue financièrement par la Dutch Postcode Lottery. Ce projet a permis à plus d’une centaine de journalistes africains originaires de 34 pays de rédiger des articles en profondeur sur le football africain et sur l’impact de la Coupe du Monde 2010 sur le continent.
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