« L’Afrique n’est pas une priorité pour Barack Obama »

Les Camerounais se disent déçus de la politique africaine de Barack Obama, deux années après son élection comme président des Etats-Unis.

En 2008, beaucoup avaient pensé à une amélioration des rapports qui lient les Etats-Unis à l’Afrique. Mais, « Nous n’avons pas l’impression que la politique africaine des Etats-Unis a changé. Les Américains ont toujours le souci de sécuriser le Golfe de Guinée par rapport aux richesses pétrolières qui s’y trouvent. Pourtant, lorsqu’il faut mettre fin aux régimes dictatoriaux, aux régimes des dirigeants africains qui ne correspondent pas à une démarche démocratique, les Etats-Unis restent amorphes », explique Anicet Ekané, un homme politique camerounais.

L’ambassade des Etats-Unis au Cameroun a organisé le 2 novembre à Yaoundé, une soirée électorale, à l’occasion des élections à mi-mandat qui se déroulaient aux Etats-Unis. Le scrutin visait à renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants, 36 des 50 gouverneurs et un tiers du Sénat américain. Au Cameroun, c’était l’occasion pour les hommes politiques, les acteurs de la société civile, les universitaires et les autres personnes invitées, de faire un bilan à mi-parcours du mandat de Barack Obama.

Libérer des peuples
Dès son élection, Barack Obama a plusieurs fois demandé aux Africains de se prendre en main et de ne pas attendre que les Américains agissent à leur place. Au Cameroun, certains pensent que c’est parce que les Etats-Unis n’y ont pas d’intérêts économiques. « Dans d’autres contrées, les Etats-Unis se sont impliqués pour soit disant libérer les peuples. C’est le cas du scandale de l’Irak où ils sont allés investir tout un peuple sous prétexte de le délivrer d’un dictateur. Pourquoi n’ont-ils pas demandé aux Irakiens de se prendre en main ? », argumente Anicet Ekané.

Un modèle
Certains Camerounais préfèrent voir en Barack Obama, une source d’espoir. Pour Fabien Numfor, un acteur de la société civile, « son élection a inspiré beaucoup d’Africains, de minorités et de personnes qui se sentaient marginalisées. En tant que premier président noir des Etats-Unis, il a dit et prouvé que tout est possible ».

La reforme de la santé entreprise aux Etats-Unis par Barack Obama peut également inspirer beaucoup de leaders africains. En Afrique, beaucoup de personnes pauvres sont refoulées dans les hôpitaux. Rendre l’assurance-maladie accessible au plus grand nombre de personnes et aux plus démunis peut être une solution à ce problème.

Quoi qu’il en soit, « les Africains ne doivent pas avoir le regard tourné vers Barack Obama. Il est le président des Etats-Unis, il doit satisfaire ses électeurs et non l’Afrique. L’Afrique n’est pas une priorité pour Barack Obama », conclut l’économiste Mindjock Max.

Défaite partielle des démocrates

Les adversaires républicains de Barack Obama se sont emparés facilement mardi de la majorité à la Chambre des représentants, sonnant ainsi le glas des réformes du président, dont les alliés démocrates ont toutefois réussi à garder le contrôle du Sénat.

Les premiers résultats, donnés mardi soir par les chaînes américaines ont confirmé ce que prédisaient les sondages depuis plusieurs semaines: une sérieuse déroute politique pour les démocrates, avec comme principale cause une économie qui peine à redémarrer et un taux de chômage obstinément élevé.

Les républicains ont remporté une victoire historique, raflant au moins une soixantaine de sièges à la Chambre, selon les premières estimations, soit largement plus que les 39 sièges dont ils avaient besoin pour prendre la majorité.

Au Sénat, les républicains devaient emporter 10 sièges pour arracher la majorité aux démocrates. Mais cet objectif leur a échappé en raison de victoires décisives remportée par les démocrates en Virginie occidentale . Dans sa nouvelle composition, le Sénat n’aura plus d’élu noir.

Au total, les Américains devaient renouveler les 435 sièges de la Chambre, ainsi que 37 postes de sénateurs sur 100 et 37 sièges de gouverneurs sur 50.

A propos nzouankeu

Bonjour Je suis Anne Mireille Nzouankeu, journaliste camerounaise. Je m'intéresse aux questions de développement, droits de l'homme, environnement et santé. Je suis lauréate de plusieurs prix journalistiques parmi lesquels -3ème prix Afrique du Lorenzo Natali awards 2011, le plus prestigieux prix journalistique dans le domaine des droits de l'Homme -Finaliste du Dabra 2011, un prix international qui récompense les meilleurs journalistes africains dans le domaine de l'économie -Lauréate du projet Twenty Ten, une collaboration entre World Press Photo, FreeVoice, Africa Media Online et Lokaalmondiaal soutenue financièrement par la Dutch Postcode Lottery. Ce projet a permis à plus d’une centaine de journalistes africains originaires de 34 pays de rédiger des articles en profondeur sur le football africain et sur l’impact de la Coupe du Monde 2010 sur le continent.
Cet article a été publié dans Politique, Société. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s