Le gorille a transmis le paludisme à l’homme

La découverte scientifique, réalisée au terme d’une étude menée au Cameroun et au Congo, est considérée comme une remarquable avancée dans la lutte contre cette maladie, aussi appelée malaria, qui constitue la première cause de mortalité en Afrique, loin devant le VIH/SIDA.

Le gorille est un réservoir du parasite
L’étude internationale menée par un consortium de chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (France), de l’université de Montpellier 1 (France), de l’université d’Alabama (USA) et du Centre de recherche sur les maladies émergentes et ré-émergences du Cameroun, démontre que « le gorille est à l’origine de l’infection à Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la forme la plus courante de paludisme chez l’homme ». En analysant plus de 2.700 échantillons fécaux de chimpanzés et de gorilles sauvages collectés sur 57 sites à travers l’Afrique centrale, les chercheurs ont également découvert que ces animaux constituent le réservoir animal du parasite.
D’après le communiqué de presse, publié le 23 septembre dernier lors de la présentation des résultats de cette étude, « ce sont les gorilles qui ont contaminé les humains et non l’inverse, comme d’autres travaux l’avaient tout d’abord suspecté ».
Les résultats de la recherche ajoutent que « ces singes porteurs pourraient constituer des foyers de contamination humaine ».

Une trouvaille jugée révolutionnaire
Pour le colonel médecin Mpoudi Ngolè, membre du Centre de recherche sur les maladies émergentes et ré-émergences du Cameroun, cette découverte est révolutionnaire en ce sens qu’elle apporte un éclairage nouveau sur l’origine primate du paludisme.
Jusqu’à présent, l’origine et l’évolution de la maladie étaient controversées. Cette découverte démontre que le Plasmodium falciparum retrouvé actuellement chez l’homme provient du gorille, mais pas du chimpanzé, ni d’anciennes origines humaines. Le parasite trouvé chez les gorilles est donc l’ancêtre de celui retrouvé chez l’homme.
Pour Mpoudi Ngolè, connaissant la source de la maladie, « il sera plus facile de développer de nouvelles stratégies de prévention et de fabriquer de nouveaux médicaments ».

Difficile éradication du paludisme
Le paludisme est généralement transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique appelé anophèle.
Le symptôme le plus courant de cette maladie est une forte fièvre qui entraîne la mort chez le patient qui ne se soigne pas.
Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que l’éradication du paludisme était difficile en Afrique à cause des résistances aux traitements antipaludéens.
« L’existence d’un réservoir de Plasmodium chez le gorille rend encore plus difficile l’éradication de ce fléau », disent les chercheurs du consortium international.
Mpoudi Ngolè explique que « malgré cette découverte, on ne peut pas encore envisager l’éradication du paludisme » car on ne peut pour l’instant faire disparaître cette maladie qu’en éliminant le parasite présent au sein des espèces de singes contaminés. Or le gorille est une espèce protégée qu’on ne peut abattre. La solution la plus facile serait de trouver de nouvelles molécules pour soigner la maladie.
Les contacts hommes-singes de plus en plus nombreux en Afrique centrale du fait de la déforestation, du braconnage et de la manipulation des cadavres d’animaux ne facilitent pas non plus l’éradication du paludisme.

Le paludisme: principale cause de mortalité infantile au Cameroun

Le paludisme affecte près de 500 millions de personnes dans le monde dont 90% se trouvent en Afrique. Un tiers environ des malades en meurt.
Au Cameroun, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont les catégories les plus touchées.
Les statistiques établies par le Programme national de lutte contre le paludisme au Cameroun attestent que le paludisme est la plus grande cause de mortalité des enfants de 0 à 5 ans. La maladie est également à l’origine de 40 à 50% des hospitalisations, de 35 à 40% des cas de décès dans les formations hospitalières et de 40% des dépenses annuelles de ménage pour la santé.

Anne Mireille Nzouankeu

A propos nzouankeu

Bonjour Je suis Anne Mireille Nzouankeu, journaliste camerounaise. Je m'intéresse aux questions de développement, droits de l'homme, environnement et santé. Je suis lauréate de plusieurs prix journalistiques parmi lesquels -3ème prix Afrique du Lorenzo Natali awards 2011, le plus prestigieux prix journalistique dans le domaine des droits de l'Homme -Finaliste du Dabra 2011, un prix international qui récompense les meilleurs journalistes africains dans le domaine de l'économie -Lauréate du projet Twenty Ten, une collaboration entre World Press Photo, FreeVoice, Africa Media Online et Lokaalmondiaal soutenue financièrement par la Dutch Postcode Lottery. Ce projet a permis à plus d’une centaine de journalistes africains originaires de 34 pays de rédiger des articles en profondeur sur le football africain et sur l’impact de la Coupe du Monde 2010 sur le continent.
Cet article a été publié dans Santé, Société. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s