Bientôt une bourse des matières premières au Cameroun

Ce sont les matériaux de base tels que le cacao, le café, l’huile de palme brute ou encore le maïs qui seront cotés à la Cameroon Commodity Exchange, la future bourse des matières premières du Cameroun.

La bourse des matières premières du Cameroun sera effective dans un an. Elle s’appellera Cameroon Commodity Exchange et ce sont les matériaux de base tels que le cacao, le café, l’huile de palme brute ou encore le maïs qui y seront cotés.

L’information a été publiée le 10 avril dernier au cours d’un point de presse organisé par Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce.

« La bourse des matières premières permettra une commercialisation de manière transparente. Produire et vendre de manière transparente est nécessaire pour booster notre économie», a expliqué le ministre Mbarga Atangana.

La première phase de l’étude de faisabilité devant conduire à la mise en place de la Cameroon Commodity Exchange vient d’être bouclée.  Cette étude a été réalisée dans les régions de l’Ouest, du Sud Ouest, du Nord Ouest, du Centre et du Littoral.  Elle avait pour but de déterminer les types de produits à commercialiser dans chaque région et les possibilités de stockage de chaque type de produit.  Il s’agissait aussi de faire l’état des lieux des infrastructures de transport et de communication.

Au terme de ce premier tour des régions, le cabinet chargé de l’étude de faisabilité a, entre autres conclusions, constaté que les acheteurs pourraient être confrontés à l’enclavement des principales zones de production, ce qui pourrait impacter sur le prix d’achat des matières premières.  L’étude de faisabilité dans les régions restantes devrait prendre environ six mois. Puis le processus sera lancé afin que la bourse commence à fonctionner dans les 12 prochains mois.

Sur le fonctionnement concret de cette bourse des valeurs, le ministre Mbarga Atangana a expliqué que les grossistes et les coopératives agricoles pourront collecter ou acheter les marchandises auprès des producteurs, les rassembler et les amener au point de stockage le plus proche.  La marchandise sera ensuite répertoriée,  classée en fonction de la qualité et d’autres critères préétablis, puis vendue.

Pour l’instant, l’acheteur devra se rendre sur le lieu de stockage pour pouvoir acheter une marchandise. Des précisions n’ont pas été données sur les possibilités de cotation en ligne ou par téléphone.

Anne Mireille Nzouankeu

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Un festival pour promouvoir le café camerounais dans huit capitales africaines

L’évènement dénommé « Festicoffee 2014 » s’ouvrira le 29 mai prochain par une dégustation du café made in Cameroun dans 21 villes camerounaises et huit capitales africaines telles que Abidjan, Antananarivo, Lagos ou encore Monrovia.

La deuxième édition du festival international du café dénommé Festicoffee 2014 aura lieu du 29 au 31 mai prochain simultanément au Cameroun et dans huit capitales africaines. L’annonce a été faite mardi à Yaoundé au cours d’une conférence de presse donnée par Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce.

Il s’agit de journées promotionnelles du café camerounais avec pour objectif de « promouvoir la consommation locale de café camerounais, de mettre en lumière le savoir-faire des torréfacteurs locaux et d’inviter le grand public, notamment les jeunes à s’investir dans tous les segments de la filière café »

a expliqué le ministre Mbarga Atangana à la presse.

Festicoffee 2014 intervient à un moment où la production camerounaise de café a chuté de près de 50 pour cent.  L’évènement sera aussi l’occasion de « galvaniser les opérateurs et relancer la filière », indique Mbarga Atangana, d’où le thème choisi à savoir « café : la relance ».

Festicoffee 2014 sera articulé autour de plusieurs grandes ponctuations. La première journée s’ouvrira par  une dégustation du café camerounais simultanément dans 21 villes camerounaises et huit capitales africaines à savoir : Abidjan, Antananarivo, Bangui, Freetown, Lagos, Libreville, Lomé et Monrovia.

Il y aura ensuite des débats, un colloque qui réunira 40 chercheurs internationaux, un forum des producteurs, une foire exposition et l’assemblée générale de l’Agence des Cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM).

Festicoffee 2014 est organisé par le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC), une association de droit privé à but non lucratif qui regroupe les organisations professionnelles de l’agriculture, du commerce, de l’industrie et des services des filières cacao et café. Pour cet évènement le CICC  s’est entouré d’autres partenaires tels que l’ACRAM, l’Union Européenne, Cafés Pierre André et bien d’autres.

Anne Mireille Nzouankeu

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MESSAGE DU CHEF DE L’ETAT, S.E.M. PAUL BIYA, A L’OCCASION DE LA 48EME EDITION DE LA FÊTE DE LA JEUNESSE

Chers jeunes compatriotes,

L’an dernier, dans les mêmes circonstances, je vous avais dit que je comprenais vos doutes et vos inquiétudes face à un avenir incertain. Mais j’ajoutais que nous avions des raisons d’espérer et que des perspectives plus favorables me paraissaient se dessiner à l’horizon national.

L’évolution récente des statistiques de l’emploi semble me donner raison.

Pour 2013, les prévisions de création d’emplois étaient de l’ordre de 200.000. Les créations effectives ont été supérieures de 12 % environ et ont atteint un chiffre proche de 225.000. Les entreprises privées des différents secteurs d’activité, à elles seules, ont créé 165.000 emplois. Pour sa part, l’Administration, à travers ses divers démembrements, en a créé 60.000.

Pour l’année en cours, nous avons mis la barre plus haut. Compte tenu de l’augmentation possible du taux de croissance, nous espérons créer plus de 250.000 emplois nouveaux. Bien entendu, les jeunes ne seront pas les seuls à en profiter. On peut toutefois penser qu’ils en seront les principaux bénéficiaires.

Cette vision des choses procède d’une analyse raisonnable de la situation de notre économie. Celle-ci devrait progresser dans les prochains mois au rythme d’environ 5 %. J’ai dit ce que j’en pensais il y a quelques semaines. Je persiste à croire que nous pourrions faire mieux. J’ai la forte conviction que nous allons le faire.

Chers jeunes compatriotes,

Dans cette course à la croissance qui doit, dans 20 ans, nous permettre d’accéder à l’émergence, vous avez un rôle essentiel, un rôle crucial à jouer.

-Ces grands projets, énergétiques, agricoles, industriels.

-Ces infrastructures, routières, portuaires, aéronautiques.

-Ces travaux d’adduction d’eau, de distribution d’électricité.

-Ces milliers de logements sociaux.

-Ces hôpitaux et centres de santé.

-Ces établissements scolaires, secondaires, universitaires.

Qui va les construire dans les prochaines années ?

C’est vous, évidemment, chers compatriotes.

Alors, il faut dès maintenant vous y préparer sérieusement. Que ce soit à l’école primaire, au collège, au lycée, à l’université. Nous avons besoin, nous aurons besoin de milliers de bons ouvriers, de techniciens capables, d’excellents ingénieurs, de comptables et de commerciaux compétents, etc. Et j’en passe. Déjà, le tournant de la professionnalisation a été pris aux différents niveaux de notre système éducatif. Nous en verrons bientôt les effets et vous verrez qu’ils seront surprenants.

Pour ceux qui sont déjà entrés dans la vie et qui exercent des métiers qu’ils ont appris « sur le tas », il faudra que nous étendions les possibilités de formation. Compte tenu de la relance prévisible de notre économie, il nous faut être à même de répondre à la demande de nombreux spécialistes dans divers corps de métiers. Nous ne pouvons plus nous satisfaire de fournir de simples manœuvres en laissant les meilleurs emplois à d’autres. Ces professionnels mieux formés pourront rejoindre les rangs des artisans pour lesquels la demande est déjà très forte.

Prenant l’exemple, l’an dernier, des moto-taxis, qui ont un rôle social évident, j’avais souligné la nécessité de l’organisation de cette profession. Je suis heureux de constater que les services de l’Etat, après consultation avec les intéressés, ont mis au point un programme collectif d’encadrement. De la sorte, les moto-taxis pourront s’impliquer davantage – et mieux – dans nos projets de développement national.

Ce programme touche à différents aspects de l’exercice de cette profession, notamment à la formation, à la gestion et à l’organisation. Peut-être pourra-t-on s’inspirer de cette expérience pour l’appliquer à d’autres activités du secteur informel.

Chers jeunes compatriotes,

J’avais également dit ma préoccupation devant la baisse de la moralité publique dans notre pays. J’avais déploré le fait qu’elle n’épargnait pas ce que nous avons de plus précieux, la jeunesse. Notre avenir, l’avenir de notre pays. Je voudrais me féliciter de la prompte réaction du Gouvernement à ce signal par la tenue du colloque international de Yaoundé sur le sujet. L’objectif poursuivi est ambitieux : « la construction d’un Cameroun exemplaire ». Cet objectif nous interpelle tous au plus haut niveau : parents, enseignants, autorités spirituelles.

Le respect de la morale publique est aussi l’adhésion à l’intégration nationale qui constitue le ciment de notre Nation. C’est encore l’attachement aux règles de la démocratie, modèle que nous avons choisi pour organiser une société juste et solidaire. Ceci me donne l’occasion de saluer la forte participation des jeunes aux deux scrutins du 30 septembre dernier et l’élection d’un certain nombre d’entre eux à l’Assemblée Nationale et au sein des exécutifs communaux.

Je me dois également de me féliciter du recentrage des missions de l’Agence du Service National de Participation au Développement. Avec la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante, nous sommes en droit d’attendre un encadrement renforcé des 6000 premiers volontaires formés. A ce sujet, je voudrais également signaler qu’en 2013, le  Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine, avec son Projet d’Insertion socio-économique des jeunes par la Fabrication du Matériel Sportif, a contribué, par son encadrement, à la création de 1000 emplois. Ces derniers sont venus s’ajouter aux 225.000 dont j’ai parlé plus haut.

S’agissant de la politique générale de la jeunesse, je voudrais saluer le renouvellement des organes exécutifs du Conseil National de la Jeunesse, tant au niveau national que local. Par ces élections, qui se sont déroulées de façon satisfaisante, la jeunesse camerounaise a montré qu’elle était partie prenante dans notre grand dessein national, à savoir  l’atteinte de  l’émergence à l’horizon 2035. C’est dans cet esprit que le Gouvernement a mis en service plus de 400 centres multifonctionnels de promotion des jeunes dans les arrondissements et les départements. Dans les prochains mois, cette mobilisation va se poursuivre.

Chers jeunes compatriotes,

Comme vous le voyez, les choses bougent au Cameroun. Le mouvement est lancé et il est irréversible. C’est vous qui en serez les principaux acteurs.

Avant de conclure, je voudrais qu’ensemble nous nous reportions cinquante ou soixante ans en arrière. C’est de l’Histoire, me direz-vous. Certes, mais nous n’en avons peut-être pas tiré toutes les leçons.

A cette époque troublée, ceux qui rêvaient de l’indépendance et de l’unité nationale étaient des jeunes comme vous. Ils différaient sur bien des points : l’idéologie, le parti, la stratégie, la tactique. Mais l’objectif était clair : la LIBERTE. Et beaucoup se sont engagés dans ce combat, au  péril de leur vie.

Aujourd’hui, les enjeux sont d’une autre nature. L’engagement que je vous demande ne requiert pas le sacrifice de votre vie. Il n’en reste pas moins essentiel. Il s’agit pour notre pays d’accéder à un niveau de développement tel que chaque Camerounais puisse  vivre honorablement de son travail, élever dignement ses enfants, être logé décemment et protégé contre la maladie.

Telle est, mes jeunes compatriotes, la tâche qui vous revient désormais.

Lorsque, dans quelques semaines, nous célèbrerons le cinquantenaire de la Réunification, complément de notre indépendance, je vous prie d’avoir une pensée pour ceux qui se sont sacrifiés afin que vous puissiez vivre dans une société de liberté et de progrès.

Bonne Fête de la Jeunesse à toutes et à tous.

Vive la jeunesse camerounaise !

Vive le Cameroun !

Yaoundé, le 10 février 2014

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Lettre ouverte de Vanessa Tchatchou, la mère du bébé volé, au président de la République du Cameroun

Lettre ouverte de Vanessa Tchatchou au Président de la République du Cameroun

Monsieur le Président de la République, et cher papa,

Tu es le père des camerounais de tous les âges. Tu es aussi mon père. Je te parle donc comme une fille à son père, et non comme au Président de la République.

Papa, cher papa, je ne trouve toujours pas le sommeil, malgré toutes ces années passées. Ne reste plus silencieux.

Ils t’ont menti, j’en suis sûre. Oui, ceux-là qui sont chargés de te rendre compte t’ont menti. Ton ministre de la communication en premier. Ses collègues des Affaires sociales et de la promotion de la femme et de la famille, ont préféré le silence et le mépris.

Il faudra écrire tout un livre, pour que je te raconte ce qui s’est réellement passé.

Les erreurs de la jeunesse et de la vie, ont voulu que précocement, je mette un enfant au monde, une jolie fille. C’était le 20 Août 2011, à l’hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso, alors que tu préparais ta réélection à la magistrature suprême. Je l’ai vue, je l’ai sentie, je l’ai embrassée, juste le temps que l’on déclare à ma grande surprise, qu’elle était prématurée, et qu’on la conduise dans une couveuse. Puis, quelques deux heures plus tard, qu’on me dise, exactement comme pour en rire, que l’enfant a disparu de la couveuse. Comme si l’on m’annonçait simplement que je venais de perdre mon téléphone portable ! Et depuis ce temps, je ne l’ai plus revue. J’ai fait un sit-in pendant 08 mois sur le froid et la chaleur, les piqûres des moustiques, les insultes et le mépris des responsables et du personnel de l’hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso, pour qu’on me rende mon enfant. Mais rien n’y a fait. Et comme cela ne suffisait pas, il a fallu que la Police s’y mêle, pour me déloger de force, afin que « Je ne fasse pas perdre son poste » au Directeur de l’hôpital. J’étais devenu encombrante. Pourtant, il avait suffit de me restituer ma fille, mon bébé, et qu’on n’en parle jamais. Avant d’être forcée à partir de cet hôpital, je savais bien qui est-ce qui détenait mon bébé, et où on l’avait conduite. Jusqu’ici  j’en suis convaincu. Ma persistance et ma résistance ne tiennent qu’à cela.

Papa, cher papa, je crois en la justice de notre pays, mais je pense qu’on l’a orienté sur une fausse piste dans mon affaire. Des gens ont été condamnés, mais les vrais coupables sont toujours en liberté, du moins, physique. Ils sont dans la prison de leur conscience. Certains sont encore en fonction dans ce même hôpital. Et on les connait. Leur liberté me met en perpétuel danger. Je crois également, que la raison du plus fort ou bien la raison du plus haut placé, n’est pas toujours la meilleure ; je crois que tu es le père de tous les camerounais, et je suis camerounaise, bien que orpheline. Je crois aussi que force est à la justice, la vraie.

Papa, cher papa, je ne suis certainement pas seule dans ce cas. Avant moi, et après moi, il semble que beaucoup d’enfants aient disparu de la même manière dans cet hôpital, comme dans d’autres maternités de la République, au mépris des droits de l’enfant et surtout de la femme.

Cette violence est atroce. Elle m’a fendu le cœur, comme à ceux des autres mamans délestées de leurs enfants. Même si je faisais un autre enfant comme on me l’a proposé pour oublier, ce ne serait jamais celle que je n’ai pas eu le temps de baptiser du prénom que j’avais déjà choisi. Même si j’acceptais les propositions parfois malsaines de certains membres de ce réseau mafieux, cela ne me rendrait pas ma fille. Auriez-vous voulu que je jette ce bébé à la poubelle ou dans une fosse sceptique comme certaines de mes jeunes compatriotes ? Non, je ne saurai le faire. Malgré mon jeune âge, je suis restée responsable. Je veux être respectée, parce que j’ai aussi respecté la vie.

Papa, cher papa, je ne veux pas paraître comme une martyre. Je sens d’ici, les battements du cœur de ma fille, qui demande à me voir, à sentir cette odeur de moi qu’elle n’a plus sentie depuis qu’on l’a kidnappée. Je persiste et je signe que je sais qu’elle est vivante et en bonne santé. Je sais que l’on prend bien soin d’elle. Je dis merci à son autre maman, mais je pense qu’il est temps qu’elle me rende ma fille, et que tu lui accordes ta grâce présidentielle. Je veux donner toute mon affection à ma fille.

Papa, cher papa. Tu es le garant de nos institutions, de nos droits et libertés. Tu es le responsable de la stabilité et de la paix dans notre pays, mais je ne suis pas en paix. C’est à ce titre, que je demande ton intervention dans cette affaire. Qu’on me rende ma fille, et que cesse le trafic d’enfants dans notre pays. Je voudrai l’accompagner moi-même à l’école maternelle l’année prochaine. Je voudrai moi-même prendre soin d’elle et la chérir. Qu’on me la rende.

Ma famille m’a soutenu dans cette lutte. La presse m’a toujours accompagné. Des compatriotes au pays comme à l’étranger m’ont soutenu spirituellement, moralement, et même financièrement. Je ne saurai les citer ici, au risque d’en oublier certains. A tous, je leur dis merci. Beaucoup ont collecté de l’argent en mon nom et s’en sont mis plein dans les poches. Je les connais tous. Certains sont même très proches de moi. D’autres encore ont préféré prendre de l’argent pour se taire.

On m’a rapporté qu’une jeune fille, profitant de la situation, s’est passée pour moi, afin de s’expatrier dans un pays occidental. Papa, cher papa, au nom de la lutte contre la corruption dont tu es attachée, je pense qu’une enquête devrait être ouverte contre ces détourneurs de fonds, de même contre cette « Vanessa Tchatchou » d’un autre genre, et ses complices.

Malgré tout, j’ai repris les classes, et tout se passe assez bien pour moi, et je compte aller le plus loin possible, pourvu qu’on me laisse en vie.

En cette veille de fête de la jeunesse, je te souhaite plus de force et de sagesse dans l’exercice de tes fonctions, et que Dieu te bénisse.

(é) Ta fille en détresse, Vanessa Tchatchou

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50.000 m3 d’eau en plus pour diminuer les pénuries

Basile Atangana Kouna, le ministre de l’Eau et de l’Energie annonce l’approvisionnement en eau potable des populations dès ce mardi.

La station de traitement des eaux de la Mefou a été inaugurée vendredi dernier. Cette station qui devrait à terme, produire 50.000 m3 d’eau par jour, est censée atténuer les pénuries d’eau que connaissent actuellement les consommateurs de la ville de Yaoundé et de ses environs.

« L’eau est déjà disponible mais il faut l’injecter dans le réseau pour qu’elle desserve les populations. L’eau sera probablement dans les ménages dès mardi », explique Basile Atangana Kouna, le ministre de l’Eau et de l’Energie. Cependant, la distribution de l’eau dans tous les quartiers se fera progressivement parce qu’il faut d’abord nettoyer les canalisations des quartiers qui ont connu de très longues coupures d’eau.

Au Cameroun, près de la moitié de la population, surtout celle des zones rurales, ne dispose pas d’installations nécessaires pour un approvisionnement en eau potable. Les consommateurs qui en disposent sont régulièrement sevrés d’eau potable. Ils font face à des pénuries qui durent plusieurs jours de suite, parfois plus d’une semaine.  Ces 50.000 m3 d’eau sont accueillies avec beaucoup d’espoirs par les consommateurs. Basile Atangana Kouna admet cependant que cette station ne va pas résoudre le problème du difficile accès à l’eau potable à Yaoundé et les villes environnantes, mais juste réduire les pénuries.

En novembre 2013 déjà, ce même ministre avait lancé un programme d’approvisionnement des zones rurales en eau potable. Ce programme prévoit la réalisation de 15 forages, 150 châteaux d’eau et 1 500 bornes fontaines en zone rurale, pour un montant global de 300 millions Fcfa.

La question du difficile accès à l’eau potable, surtout en zone rurale, n’est pas spécifique au Cameroun. Elle est commune à plusieurs pays d’Afrique et préoccupe les partenaires au développement. En décembre dernier par exemple, s’est tenue à Abuja, la première réunion du comité de coordination de l’Initiative pour l’Alimentation en Eau et l’Assainissement en Milieu Rural (IAEAR).

Au cours de cette réunion, il a été décidé de renforcer le plaidoyer dans chaque pays et au niveau régional, pour une plus grande mobilisation des ressources dans les domaines de l’eau potable et de l’assainissement.  En effet, l’on constate que les budgets alloués à ces questions sont en général moindres. Il a aussi été décidé de mettre en exergue les meilleures pratiques dans ce domaine.

Le comité de coordination des activités de l’Initiative pour l’Alimentation en Eau et l’Assainissement en Milieu Rural a entre autres objectifs de créer une plateforme régionale effective pour coordonner les activités de plaidoyer pour l’accès à l’eau potable et à l’assainissement en milieu rural. Ce comité est conjointement coordonné par la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Conseil des Ministres Africains Chargés de l’Eau (AMCOW).

L’IAEAR finance des programmes dans la plupart des pays africains.

Anne Mireille Nzouankeu
Yaoundé, Cameroon


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Le Cameroun veut réduire les importations de lait en 2014

Le gouvernement est à la recherche d’une personne physique ou morale capable de reprendre les activités du complexe laitier de Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua.

Dans le cadre de sa politique de reforme des entreprises publiques et parapubliques, le gouvernement du Cameroun veut relancer les activités du complexe laitier de Ngaoundéré situé à 10km du centre ville de Ngaoundéré, sur la route de Garoua dans la région de l’Adamaoua. A cet effet, il a lancé un appel d’offres à l’intention des personnes physiques ou morales ayant une expérience avérée dans le secteur laitier ainsi que la capacité financière nécessaire pour reprendre les activités de cette usine.

Les besoins en lait sont très élevés au Cameroun et les producteurs locaux n’arrivent pas à satisfaire la demande. Chaque année, les importations de lait coutent environ 20 milliards FCfa au Cameroun. En 2012, ces importations étaient en hausse de 15%. En redémarrant ce complexe, « le gouvernement a pour objectif la relance des activités sur le site du complexe laitier de Ngaoundéré dans le cadre général de la recherche de l’autosuffisance alimentaire au Cameroun », explique Alamine Ousmane Mey, le ministre des Finances. L’objectif est aussi de « développer une industrie laitière nationale et de limiter les importations des produits laitiers », ajoute-t-il.

L’usine du complexe a une capacité installée de traitement d’environ 10.000 litres de lait par jour. Au moment de sa création en 1993, ce complexe avait pour but de développer et de consolider l’élevage bovin dans l’Adamaoua, de transformer les produits laitiers et enfin, de contribuer à la diminution des importations de ces produits enfin de lutter contre la pauvreté en milieu rural. Pendant ses années de fonctionnement, le complexe a développé deux grandes activités complémentaires à savoir la production fourragère et l’appui aux éleveurs.

En 1996, dans le cadre de sa politique de développement du secteur privé, le gouvernement a donné l’usine du complexe laitier de Ngaoundéré  en location gérance à la société camerounaise Sogelait. Après quatre années d’exploitation, la société Sogelait s’est désengagée et a arrêté toute activité industrielle sur le site du complexe. La reprise des activités de cette usine pourrait non seulement réduire les importations de lait, mais aussi créer des emplois directs et indirects.

Anne Mireille Nzouankeu

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Des centrafricains réfugiés au Cameroun séquestrent deux responsables du HCR

 Ils réclament l’obtention de leurs papiers légaux et une aide pour le retour dans leur pays.

Anne Mireille Nzouankeu
Yaoundé, Cameroun

Mamady Fata Kourouma, le chef du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à Bertoua et son adjoint Adama, sont séquestrés depuis plusieurs heures ce 4 janvier 2014, à Ngoura, un village de la région de l’Est du Cameroun, par des centrafricains réfugiés en terre camerounaise. Ces réfugiés réclament l’obtention de leurs papiers légaux, une aide pour le retour dans leur pays ainsi que la fin de la discrimination dont ils se disent victimes.

Dès l’annonce de cette séquestration, le sous-préfet de Ngoura a tenté une négociation pour libérer les otages. Il a failli être lynché et s’en est sorti grâce à l’intervention du commandant de la compagnie locale de gendarmerie.

Galim Ngong Iréné, le préfet du Lom et Djerem, le département dans lequel est situé le village Ngoura a ensuite tenté une médiation. Après trois heures de négociations au téléphone avec le chef des réfugiés, il a pu obtenir la libération d’Adama, l’adjoint. Les négociations pour la libération de Mamady Fata Kourouma sont encore en cours.

Parmi ces réfugiés centrafricains se trouvent d’anciens militaires qui ont fui leur pays en mars dernier, après que la coalition Séléka ait renversé l’ex-président François Bozizé. A l’époque, on comptait environ 3000 réfugiés centrafricains au Cameroun. Ce chiffre pourrait être à la hausse depuis la reprise des violences  en RCA.

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